Ce qu'il y a de génial à Taiwan, c'est que la nature se trouve souvent aux portes des villes. Donc si  à Kaohsiung l'envie vous prend de vous faire une super journée de balade dans une végétation luxuriante, rendez-vous au parc national de Shoushan (pour s'y rendre, prendre le bus 3, 19, 48 ou 88; attention il n'y en a pas beaucoup, c'est assez galère, pensez à bien relever les horaires). J'ai surkiffé cet endroit: il y a des tas de banians majestueux, des sentiers qui s'enfoncent dans la jungle...et des singes! 

 Avant de partir randonner j'ai pique-niqué à l'entrée du parc,
c'est marrant il y a des pneus partout pour que les gens se détendent!
Overdose de Meiji pour se donner des forces

C'est simple de se diriger dans la forêt: il y a des plans disposés régulièrement sur les chemins et des flèches pour s'orienter. Pour ma part j'ai fait le grand tour, je dirais que ça m'a pris environ trois heures. Les singes sont omniprésents, on les entend dans les feuillages, on les voit débouler des fourrés et se papouiller sur les sentiers! Mais je ne les ai pas trouvés agressifs, ils ne viennent pas quémander de la nourriture et se laissent observer tranquillement.




 

 La vue est terrible
 Bon là j'avoue que sur le moment je n'en menais pas large!


 Kaohsiung au loin


 Une orchidée sauvage



 Regardez-moi cette splendeur de la nature...

Les fameux nids de fourmis trop flippants


Il y a de nombreuses aires où les randonneurs peuvent se reposer, s'étirer, se restaurer; tout est fait pour que les gens profitent de leur trip. Il y a un endroit que j'ai particulièrement apprécié, c'est Rocky Banian! Bon avec un nom pareil c'était obligé que je kiffe hein :p Les arbres majestueux forment un espèce de havre sur un promontoire qui domine la forêt, c'est juste magnifique. Je suis restée un bon quart d'heure à m'enivrer de l'atmosphère en écoutant les singes.








Après ça j'ai continué mon chemin qui serpentait entre des récifs coralliens, ça m'a rappelé le parc national de Kenting où l'on peut observer le même type de formations. Et puis un vieux m'accoste! Pas le genre vieux pervers heureusement lol mais passionné, qui voulait me faire partager ses connaissances. Bon j'avoue que j'aurais préféré finir ma rando seule mais il était tellement gentil que j'ai voulu lui faire plaisir. On a beaucoup parlé de Paris, de son pays, de sa ville et bien sûr de sa forêt qu'il chérit tant. J'ai été très impressionnée par sa sarbacane qu'il avait construite lui-même avec des élastiques! Il m'a expliqué que les singes étaient excités par la nourriture et pouvaient des fois attaquer. Du coup quand il m'a offert une clémentine, il était aux aguets prêt à défoncer le malheureux singe qui aurait eu la mauvaise idée de s'approcher! 



 On y trouve l'incroyable fleur qui pousse vitesse grande V 
et qui atteint la taille d'un homme
 


 

A un moment mon accompagnateur improvisé m'invite à le suivre dans un petit sentier qui s'éloigne de l'axe principal. Même si on est à Taïwan j'étais quand même prête à le sécher avec un petit genou au foie (on n'est jamais trop prudent!), mais en fait c'était pour me montrer cette merveille: des lianes roses qui se balançaient doucement au vent depuis la cime des arbres. Incroyable...







 La fameuse noix de lavage riche en saponine (j'en ai utilisées des années à la place de la lessive mais vu l'odeur de mort des fringues après les trainings j'ai lâché l'afaire...)
 Des mouse-deers! Je kiffe cette petite bête trop chou. 
Dommage, je n'en ai vus qu'en photo sur les panneaux

On redescend ensemble jusqu'à la ville et je décide de rentrer à pied jusqu'à Pier-2-Art-Center; pas envie d'attendre trois plombes le bus. A vue de nez je me dis que je dois en avoir pour une grosse demi-heure. En fait j'ai mis une bonne heure et traversé des faubourgs que je n'aurais sûrement jamais visités.. J'étais complétement fourbue et pas fâchée d'apercevoir enfin les rails abandonnés dans la plaine!

La suite: comment j'ai eu une déception de gosse quand j'ai compris que je ne pourrais pas faire de grande roue! 





Juste en face de Kaohsiung se trouve la petite île de Cijin (prononcez Chichin!). Pour s'y rendre, il suffit d'aller au port et de prendre un petit ferry. Sur le chemin, je me fais alpaguer par un Allemand tout gentil mais qui a l'air de planer à des années lumière...Ayant en tête mon Espagnol collant du Lotus Pond, j'hésite à lui dire que je vais sur Cijin par peur qu'il remette ça à son tour! Finalement il me demande juste s'il peut prendre en photo un bout de mon tatouage qui dépasse de mon débardeur ; heureusement que je ne lui ai pas dit que c'était la partie émergée de l'iceberg sinon j'étais bonne pour finir par poser en culotte dans la rue lol! Sur ce on se souhaite bonne route et on trace chacun de notre côté.

La traversée dure dix minutes à peine, c'est vraiment express. Je taille le bout de gras avec un Hongkongais canon mais qui m'exaspère au bout de deux minutes à s'enorgueillir de ses voyages répétés au Japon. Mon coco, va falloir trouver autre chose pour m'impressionner! Alors je fais ma vilaine et je prends un malin plaisir à le planter avec un grand sourire à peine le pied posé à terre, paf :p


Les scooters qui attendent pour embarquer


Tout le monde se dirige droit vers la rue principale, moi je décide de flâner d'abord le long du port. Il n'y a pas vraiment de promenade mais c'est joli et certains bâtiments ou situations sont pittoresques. Je m'aventure du côté des pêcheurs mais très vite je ne me sens pas à l'aise...C'est la seule fois où j'ai eu cette impression à Taïwan, mais pour le coup tous les mecs me regardent, ricanent et s'arrêtent même de parler pour me dévisager. Hors de question que je rebrousse chemin (et merde, l'espace est à tout le monde!), du coup je fais ce que je fais toujours en pareille situation: je n'hésite pas à les fixer, j'adopte une démarche compacte (merci coach de me taper dessus avec le bâton pour que je sois costaud!) et je  me racle la gorge de temps en temps pour cracher un coup. Dix ans d'expérience dans ce que nous autres sociologues nommons les "entre-soi masculins" (prison, moto, MMA; oui je cumule), j'ai malheureusement l'habitude de ce genre de mise à l'épreuve symbolique...Et bien sûr ça marche, ils finissent par détourner le regard et je me paie même le luxe de m'arrêter pour prendre quelques photos juste sous leur nez.




 









Après ça je me dirige vers le centre. Cijin est en effet réputée pour ses fruits de mer, les habitants de Kaohsiung n'hésitant pas à faire la traversée pour un bon petit gueuleton. Les étals sont impressionnants, il y a énormément de choix et tout a l'air vraiment frais. Je demande à ce qu'on me fasse bouillir quelques crevettes et je file déguster mon pique-nique sur la plage.

Un joli temple sur le chemin












La plage est absolument magnifique! Le sable noir est doux sous les pieds, la mer est bleue, il fait bon mais pas  trop chaud ; bref un bonheur. Le plus beau c'est qu'elle est quasiment déserte alors qu'elle n'est qu'au bout de la rue principale ; manger ou se promener, apparemment le choix est fait...Je m'y suis baladée près de trois heures les pieds dans l'eau, elle est très étendue et je n'ai même pas pu en atteindre le bout. 




Pasmo profite!^^

 


A l'une des extrémités de la plage, pas loin du centre, se dresse Cihou Fort. Ce dernier n'est pas très joli mais permet de jouir de beaux panoramas sur l'île. Il y a un petit chemin sympa à emprunter le long des falaises, qui continue ensuite dans la verdure. Mais ma visite a été gâchée par la voix stridente d'une institutrice qui accompagnait ses élèves en sortie scolaire! J'avais jamais entendu ça, des hurlements continus sur les pauvres gosses qui étaient sages comme des images et ne mouftaient pas. J'avais beau hâter le pas, ses beuglements aigus continuaient de me vriller les oreilles; ils m'ont même poursuivie jusque dans le métro sur Kaohsiung car ils ont pris le même ferry que moi pour rentrer! 







 
 
 Bye buy Cijin!

Au prochain numéro: comment un vieux armé d'une sarbacane m'a offert sa protection chevaleresque face à des singes gloutons!